L’accès aux archives et la recherche : les archivistes face aux Digital Humanities

La pratique archivistique et le métier d’archiviste subissent d’importantes transformations face au développement des technologies de l’information et de la communication. Ce constat n’a rien de surprenant, le métier d’archiviste a toujours subi l’impact des évolutions technologiques, Archives Online a déjà évoqué ce sujet ici. L’archiviste doit rendre compte du contexte de production de l’information et doit donc nécessairement adapter sa pratique en fonction des évolutions technologiques. La profession est en train d’évoluer rapidement, nous (les archivistes) avons eu l’occasion d’y réfléchir  lors de la 8ème Conférence européenne sur l’archivage digital qui s’est tenue à Genève en avril 2010 : nous nous sommes interrogés sur les mutations de notre pratique avec l’apparition et le développement rapide des archives électroniques et nous avons analysé aussi les différentes possibilités qui se présentent à nous pour favoriser l’accès aux archives et leur valorisation. On constate en effet que depuis une dizaine d’années, les technologies numériques ont permis de développer de nouveaux outils pour favoriser l’accès aux archives et leur mise en valeur. Ainsi, on a assisté à la création de sites Internet dans les services d’archives, à la mise en ligne d’instruments de recherche et de documents numérisés, à la conception d’exposition virtuelles, etc. Les projets les plus récents ont intégré les technologies du Web 2.0 avec par exemple la création de Wikis et des projets d’indexation collaborative. Les réseaux sociaux sont devenus aussi un outil puissant de communication qui devrait encourager tous les services d’archives à repenser leur relation avec le public. De nombreux évènements virtuels ont lieu sur Twitter (comme l’a rappelé récemment Archives masala). Le Conseil International des Archives a d’ailleurs lancé le programme des Reporters Volants en 2008 pour favoriser les échanges en temps réel lors des conférences internationales Ces initiatives nous permettant d’interagir différemment avec le public doivent être poursuivies, elles sont loin d’être répandues et je dirai même que leur utilisation est encore trop timide en France. Pourtant, ces technologies nous offrent la possibilité d’innover aujourd’hui, de créer de nouveaux espaces d’échange et de partage.

Je constate néanmoins qu’on a tendance à se concentrer sur ces aspects lorsqu’il s’agit de l’accès aux archives. Or, cette question ne peut pas être pensée sans réfléchir au rapport qu’elles entretiennent avec le monde de la recherche et nous avons encore beaucoup de possibilités à explorer. Les services d’archives ne peuvent pas ignorer les mutations de la recherche et l’émergence depuis une dizaine d’années environ, d’une communauté de chercheurs qui intègrent dans leurs travaux des outils technologiques leur offrant de nouvelles perspectives et qui créent de nouveaux outils : il s’agit de ce qu’on appelle les Digital Humanities (ou humanités numériques en français). Les Digital Humanities existent depuis plusieurs années mais cette communauté est restée longtemps à l’écart, subissant des défis et luttant pour mieux se définir et s’affirmer dans le monde de la recherche. Mais elles ont réussi à mieux se structurer et ont obtenu un soutien institutionnel dans les pays anglophones notamment mais pas exclusivement. Deux grandes universités anglaises ont crée récemment des centres de recherche dédiés spécialement aux Digital humanities : University College London et King’s College London. En France, le TGE Adonis a vu le jour et l’édition électronique se répand rapidement. L’Ecole nationale des chartes s’est impliqué aussi dans le développement de nombreux projets de recherche qui intègrent les technologies numériques. Malgré ces avancées considérables, les Digital Humanities ont encore un long chemin à parcourir comme l’a si bien expliqué Melissa Terras au dernier rendez-vous de la communauté à Londres au mois de juillet. Comment défendre des nouveaux projets face aux problèmes de financement ? Comment renforcer la présence des Digital Humanitites sur le Web ? Ces questions, ne sont pas étrangères à l’archiviste, nous faisons face aux mêmes défis. Les archivistes et la communauté des Digital Humanities ont beaucoup de choses à partager, les archives ne peuvent pas ignorer ces nouveaux développements de la recherche. Nous vivons dans une époque où le partage et la mutualisation des ressources et des compétences sont indispensables, il est nécessaire d’encourager le dialogue entre les archivistes et la communauté des Digital Humanities. Je ne peux donc pas éviter de me poser des questions: Comment pouvons-nous encourager ce dialogue ? Comment pouvons-nous imaginer ensemble de nouveaux projets pour favoriser l’accès aux archives et la recherche ?

LFH

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One Comment sur “L’accès aux archives et la recherche : les archivistes face aux Digital Humanities”

  1. Stéphane POUYLLAU 12 septembre 2010 à 09:14 #

    Bonjour,
    Comment participer ? En rejoignant le manifeste des digital humanities : http://tcp.hypotheses.org/318

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