[Note de lecture] Les archives et les médias sociaux

Je viens de recevoir mon cadeau de Noël, je ne l’ai même pas mis sur ma liste, mais lorsque j’ai été avertie par @archi_vs de la parution de ce livre, je n’ai pas pu résister …

Si vous voulez l’acheter aussi, c’est par ici. Cet ouvrage qui vient de paraître au Royaume-Uni traite plusieurs sujets d’actualité dans notre profession avec les contributions de Sue Breakell, Alexandrina Buchanan, Nicole Convery, Richard J. Cox, Adrian Cunningham, Luciana Duranti, Andrew Flinn, Verne Harris, Jennie Hill, Eric Ketelaar, Victoria Lane et Kate Theimer. Le livre est divisé en quatre parties: la première aborde  en trois articles la question de la définition des archives, la deuxième réunit deux articles sur l’archivistique, la troisième comporte des contributions sur les archives et le Web 2.0 et enfin la quatrième partie porte sur le rôle de l’archiviste.

Je me suis immédiatement précipitée sur mon canapé pour le feuilleter et j’ai lu avec beaucoup d’intérêt un article intitulé « Interactivity, flexibility and transparency: social media and Archives 2.0 » [Interactivité, flexibilité et transparence: les médias sociaux et les Archives 2.0] rédigé par Kate Theimer, l’auteur du célèbre blog Archives Next que vous pouvez aussi suivre sur Twitter @archivesnext. Elle a notamment travaillé au National Archives and Records Administration (NARA) aux Etats-Unis.

Je vous propose ici une petite note de lecture (je vais sans doute commenter d’autres chapitres de ce livre dans les jours qui viennent).

1. Du Web 1.0 au Web 2.0: de nouveaux outils et de nouveaux usages pour les Archives

Après avoir rappelé les origines du Web et les premières utilisations que les services d’archives en ont fait, Kate Theimer développe les incursions des Archives (aux Etats-Unis surtout) dans ce que l’on appelle le Web 2.0. Alors que les premières expériences des Archives sur Internet ont consisté simplement à diffuser des instruments de recherche, on assiste aujourd’hui à une multiplication et à une diversification des projets qui dépassent largement la simple publication de ce type de documents. Eh oui, à l’époque du Web 1.0, nous n’avions pas encore découvert l’interaction! Le Web 2.0 permet de renouveler complètement la communication et la valorisation des archives.  Kate Theimer dresse une liste très intéressante, assortie d’exemples, des différents outils utilisés par les archives: les blogs, Twitter et le microblogging, les podcasts, Facebook, Flickr, Youtube, les Wikis… L’accès aux archives s’est ainsi transformé et aujourd’hui les utilisateurs découvrent les documents et les instruments de recherche différemment et, plus important encore, ils participent aux projets, ils s’approprient le contenu. D’une part, la démarche des Archives devient proactive: on va chercher l’utilisateur là où il se trouve. D’autre part, les usages des archives (les documents) évoluent aussi. Je ne peux pas citer ici tous les exemples qui ont été commentés dans l’article mais je vais en choisir un: les podcasts. Les Archives Nationales au Royaume-Uni (The National Archives) ont créé une série de vidéos pour expliquer des sujets comme « la vie d’un document », « se préparer pour faire une recherche », « utiliser le catalogue », « comment les archives sont-elles classées » et on a mis ça sur Youtube! L’Université de Manitoba au Canada et les Archives Nationales des Etats-Unis (NARA) ont créé aussi des vidéos.

2. L’impact du Web 2.0 sur les Archives

Kate Theimer analyse de façon très intéressante l’impact du Web 2.0 sur les Archives, elle fait trois constats: ces évolutions ont entraîné plus d’interactivité, plus de flexibilité et plus de transparence. Le premier constat est celui qui est le plus visible et le plus facile à identifier: le Web 2.0 a encouragé les usagers à interagir directement avec les archives et avec l’archiviste! Il y a donc une proximité avec les archives qui se développe et qui permet de découvrir autrement que dans une salle de lecture traditionnelle. L’interaction avec l’archiviste était très limitée à un public restreint composé d’historiens et autres chercheurs et de généalogistes. Le Web 2.0 a permis d’élargir ce public grâce aux sites comme Flickr et Youtube. Les sites et les outils qui permettent de commenter et de marquer le contenu sont très appréciés par le public. L’interaction attire le public qui n’est plus composé que de chercheurs traditionnels. Cette interaction permet une plus grande flexibilité et ouverture de la part des Archives et de l’archiviste. Pour illustrer ce deuxième constat, l’auteur de cet article cite l’exemple des « catablogs » qui sont bien plus qu’un catalogue en ligne, il s’agit d’instruments de recherche plus souples qui ne sont pas figés et qui évoluent, les descriptions peuvent être mises à jour régulièrement et la recherche s’effectue différemment. Les Archives de la ville d’Amsterdam ont ainsi créé un système qui permet de numériser à la demande via le catablog: l’usager peut demander la consultation de certains documents qui sont ensuite numérisés.  Cette pratique peut se faire de façon plus traditionnelle, elle a déjà lieu dans les services d’archives mais la consultation se fait souvent sur place.  Il s’agit donc de faire évoluer cette pratique pour diffuser davantage. Enfin, Kate Theimer pense que le Web 2.0 permet de rendre plus visible le travail de l’archiviste, elle parle en ce sens de transparence. Il s’agit de lever le voile qui sépare l’archiviste du public: un site comme Twitter permet de se rapprocher de l’archiviste et des Archives et de dialoguer directement.

Cet article est vraiment très intéressant, notamment pour tous les exemples qui sont cités. Néanmoins je ne peux pas m’empêcher de faire un constat: les services d’archives en France ont encore beaucoup de progrès à faire pour tirer réellement profit du Web 2.0.

LFH

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4 commentaires sur “[Note de lecture] Les archives et les médias sociaux”

  1. Agnès 6 décembre 2010 à 13:44 #

    Merci pour ces notes de lecture en particulier, aussi pour tout ce que vous partagez sur le site…

  2. Elisabeth 30 novembre 2010 à 20:07 #

    Très intéressant, voici la présentation que la ville d’Amsterdam avait fait à New-York fin 2009 pour son système de e-depot.
    http://stadsarchief.amsterdam.nl/stadsarchief/e-depot/downloads_en_links/index.nl.html

  3. zimmern 30 novembre 2010 à 18:21 #

    bravo pour le site

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  1. Tweets that mention [Note de lecture] Les archives et les médias sociaux | Archives Online -- Topsy.com - 30 novembre 2010

    […] This post was mentioned on Twitter by Silvae and Les archiveilleurs, Lourdes Fuentes. Lourdes Fuentes said: [Note de lecture] Les archives et les médias sociaux (un résumé de l'article de Kate Theimer par Archives Online) http://bit.ly/dK6ap4 […]

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