L’AAF est désormais présente sur Facebook

Vous trouverez désormais l’Association des archivistes français sur Facebook.

Retrouvez l'AAF sur Facebook

Au cours des dix dernières années, Internet et les médias sociaux ont connu un développement sans précédent. Internet est devenu la première source d’information pour les 18-49 ans. En France 71% de la population bénéficie d’un accès à Internet à domicile et 92% des connexions se font par l’ADSL. Ces avancées bouleversent les habitudes des usagers – y compris des usagers des services d’archives – qui passent une grande partie de leur journée à naviguer sur le Web. Mais en réalité Internet n’est plus une simple source d’information, l’avènement du web 2.0 a modifié considérablement les pratiques culturelles et surtout les attentes des usagers. Parmi les tendances les plus marquantes du web 2.0, il faut citer l’essor incontestable des médias sociaux comme Facebook, Twitter, Youtube, Wikipédia, Flickr, les blogs, etc… Facebook est devenu en 2010 le troisième site Internet le plus consulté dans le monde et ce réseau social compterait aujourd’hui près de 18 millions d’utilisateurs en France. En 2010, 44% de recommandations en ligne seraient passées par Facebook.

L’AAF a donc souhaité rejoindre le réseau social le plus connu, cette action s’inscrit dans le cadre d’une réflexion sur la présence de l’association sur Internet en général et dans les médias sociaux en particulier.

Alors, likez nombreux !

L’archivage électronique est-il voué à l’échec?

Au-delà du titre volontairement provocateur, posons-nous sérieusement la question: l’archivage électronique est-il voué à l’échec? Derrière cette question, il s’agit en réalité de s’interroger sur les obstacles rencontrés par tout service d’archives publiques qui essaye de mettre en place une politique d’archivage électronique (que ce soit dans les collectivités territoriales ou dans l’administration centrale). Quel sont donc ces obstacles?

1. Le faible intérêt des décideurs pour les archives
Il est dû, en grande partie, à une mauvaise compréhension des enjeux de l’archivage. Notez bien que je ne parle pas de l’archivage électronique mais de l’archivage tout court! Vécu comme une corvée et une contrainte réglementaire par certains, pointé comme inutile par d’autres, l’archivage reste mal connu. Je suis surprise par le faible intérêt porté aux archives en tant que documents permettant de justifier des droits y compris les droits du citoyen. Or, cela devrait être une priorité pour les agents qui travaillent pour l’administration publique.

2. Le contexte budgétaire
Je crois que je n’étonnerai personne en affirmant que le contexte budgétaire ne joue pas en notre faveur. A chaque fois qu’on essaye de convaincre les décideurs, on nous rétorque “tout ça est bien joli mais il n’y a pas d’argent”. Je me rappelle avoir essayé une fois de commencer par dire tout de suite “bonjour, je ne vous demande pas de l’argent”…  et une fois n’est pas coutume, j’ai réussi à dégainer mon argumentaire. Mais le contexte budgétaire rend les décideurs hostiles à la création de tout nouveau groupe de travail ce qui peut être justifié. Tôt ou tard les problèmes budgétaires (re)font surface et la très grande difficulté des archivistes à estimer le coût réel d’un SAE ne nous fait pas avancer beaucoup.

3. Une difficile coopération avec les DSI
Heureux soient les chanceux archivistes qui réussissent à travailler en étroite collaboration avec les services informatiques! Ce n’est pas une tâche facile. Souvent, nous devons faire un long travail pour essayer de convaincre. Difficile d’expliquer à des informaticiens que l’archiviste a une expertise qui permettrait de contribuer à une rationalisation du parc applicatif, à une maîtrise des coûts générés par le stockage, etc., etc … L’archiviste souvent assimilé aux vieux papiers est perçu comme un intrus dans l’univers de l’informatique. On a pourtant besoin de construire aujourd’hui une nouvelle gouvernances des SI en tenant compte de la problématique de la production maîtrisée, la gestion efficace et la conservation à long terme de l’information numérique.

Le problème majeur est donc d’ordre organisationnel et structurel. Nous avons besoin de créer des structures qui n’existent pas et de réorganiser des procédures. Le vrai défi est politique.

Bon tout ça n’est pas franchement très encourageant. Mais ce n’est pas une raison pour abandonner, bien au contraire! Nous avons besoin de rassembler nos efforts.

Bon courage à tous ceux qui essayent tous les jours de mettre en place une politique d’archivage électronique cohérente et durable ! Que la force soit avec vous …

LFH

“L’auto archivage immédiat” ou de l’utilisation inappropriée du mot archivage

Je fais de découvertes fascinantes grâce à la sérendipité.

Eh là, je suis sûre, vous vous demandez tout de suite, qu’est-ce que l’”auto archivage immédiat”? Rassurez-vous, j’ai eu le même réflexe en lisant cette expression dans un blog qui m’a renvoyé vers un autre site. L’auto-archivage immédiat c’est le titre d’un séminaire de recherche de l’Ecole européenne supérieure d’art de Bretagne (EESAB). Mais encore? Il s’agit en fait de réfléchir à l’art numérique.  Le site du séminaire présente ainsi l’objet de la recherche:

“L’utilisation des supports artificiels de mémoire par les artistes au cœur même du processus de création, tend à réduire encore la distance qui sépare l’acte de création et sa restitution finale. Le blog, notamment, a été investi par de nombreux artistes numériques et contemporains, jusqu’à en faire œuvre : à la fois interface, atelier ouvert, c’est un processus de création partagé (…)”.

Jusque là, vous allez me dire, quel est le rapport avec l’archivage? Eh bien, lisez donc la suite:

“L’apparition des blogs a permis un nouveau type d’archivage : l’auto-archivage immédiat, qui, non figé [c'est moi qui souligne ce terme],  se reconstitue en permanence, et sur lequel le lecteur peut interagir. Ainsi, l’œuvre-archive inclut sa genèse, ses hésitations, ses retours, ses commentaires, ses silences, sa réception.”

Ah, vous avez peut-être vu où je veux en venir! En dehors du fait que l’affirmation de l’existence d’un archivage grâce aux blogs me fait sursauter de ma chaise, je note déjà plusieurs contradictions. Examinons de plus près l’idée exposée par ce séminaire:

1. Le numérique, et notamment les blogs, est un support artificiel de la mémoire.

2. Le numérique et notamment les blogs permet de réduire la distance qui sépare le moment de la création du moment de la restitution finale. Le blog est une sorte d’atelier ouvert.

3. Le blog permet un nouveau type d’archivage, l’auto-archivage immédiat, qui non figé, se reconstitue en permanence.

Je ne vais pas commenter la deuxième idée qui est par ailleurs très intéressante. Concentrons-nous sur l’idée du blog comme support artificiel de la mémoire, puis sur l’idée de l’auto-archivage immédiat.

Le blog, et par extension, Internet, est un support artificiel de la mémoire. La notion d’artificiel me paraît inappropriée, j’aurais plutôt employé le terme “virtuel”. Mais j’ignore ce qui fonde cette affirmation dans ce discours. Artificiel renvoie directement à quelque chose qui a été créé par l’homme, qui n’est donc pas naturel. Je me demande donc, y a-t-il un support naturel de la mémoire? La mémoire est-elle naturelle? N’est-elle pas une construction sociale, une représentation collective? Même la mémoire individuelle a une dimension collective (Maurice Halbwachs, Les cadres sociaux de la mémoire). Qu-est-ce qu’un “support artificiel de la mémoire”? N’y a-t-il pas une redondance dans cette expression?

Le deuxième sens du terme “artificiel” est aussi intéressant: il s’agit de quelque chose qui n’est pas authentique. Pourquoi chercherait-on alors à préserver ce qui n’est pas authentique? Et en tant qu’archiviste chargée de projets d’archivage électronique, je ne peux pas m’empêcher de réagir pour dire que l’archivage de quelque chose qui n’est pas  considéré comme authentique est dénué d’intérêt. Nous cherchons à préserver l’intégrité des documents, c’est-à-dire leur authenticité, leur lisibilité, leur exploitabilité… La notion d’authenticité est au coeur de l’archivage électronique.

L’idée d’un archivage qui non figé se reconstitue en permanence me paraît contradictoire aussi. L’archivage est un processus qui commence avec la production des documents et consiste d’abord à identifier les documents figés qui sont la trace d’une activité, à gérer leur cycle de vie et leur sort final. Cela consiste ensuite à collecter ce qui doit être conservé, à classer et à communiquer. Il est évident que dans l’utilisation qui est faite ici du mot “archivage” il y a un contresens. Les artistes qui utilisent des blogs, n’archivent rien du tout hélas, s’il n’y a pas un vrai archivage électronique, tout sera perdu! S’il y a une reconstitution en permanence, il n’y a pas d’archive au sens de trace d’une activité.

Je pourrais reprendre l’idée de l’archivage comme reconstruction qui est très intéressante si on élargit un peu le cadre de cette réflexion, mais cela m’éloigne du contenu réel de cette découverte. C’est l’utilisation inappropriée du mot “archivage” qui m’a interpellée.

LFH

Back to basics 2 : Versement versus transfert

Après un retour aux sources avec l’article de Pérotin, une autre question a attisé ma curiosité ces dernières semaines. Elle m’a permis de revenir à l’un des fondements de ce qui fait notre métier : l’opération de versement. Dans l’univers de l’archivage électronique, les solutions développées parlent le plus souvent de « transfert ». Ce terme est entendu comme « versement » et correspondrait d’après les présentations commerciales à l’entité OAIS « entrées ». Pourtant, en analysant de plus près, force est de constater qu’un versement au sens archivistique N’EST PAS un transfert.

Qu’est-ce qu’un versement ?

En reprenant le glossaire de l’Abrégé d’archivistique [1], un versement est défini comme une « opération matérielle et intellectuelle par laquelle la responsabilité de la conservation d’archives passe de l’administration à un service de préarchivage ou à un service d’archives, ou bien d’un service de préarchivage à un service d’archives. Ce terme désigne aussi par extension, les documents ainsi transférés ».

Quant à transférer, il s’agit de “faire passer d’un lieu à un autre” [2].

Il y a donc deux composantes dans un versement, l’opération matérielle ET l’opération intellectuelle, alors que le transfert se limiterait à une opération matérielle .

Dans un transfert, il peut y avoir plusieurs versements! [3]

Il y a aujourd’hui une confusion dans les systèmes d’archivage électronique entre le versement au sens archivistique et le transfert. Les journaux de transfert, les métadonnées de transfert ne couvrent en effet qu’une partie des données relatives aux versements, c’est-à-dire l’opération matérielle. Ils ne remplacent en rien le bordereau de versement, l’instrument de recherches ou toutes les informations intellectuelles (et non techniques) qui doivent accompagner un versement d’archives.

Pour résumer, dans l’univers papier, nous n’archiverions pas le camion qui vient « livrer » au service d’archives un ou plusieurs versements d’archives provenant de un ou plusieurs services producteurs différents. L’univers électronique nous oblige à documenter ce « camion » (transfert), ne serait-ce que pour assurer la pérennisation des données. Mais, même si nous sommes obligés d’archiver le « camion », nous avons toujours besoin d’instruments de recherches, de bordereaux de versements…

Après tout, nous archivons pour communiquer l’information et non uniquement pour la pérenniser!

Il est donc de notre devoir d’être vigilants et de s’assurer que derrière le module « transfert » existent d’autres opérations visant à préparer un versement au sens archivistique.

ML

[1] Association des archivistes français, Abrégé d’archivistique, Paris, 2007, p. 303.

[2] Larousse, Dictionnaire pratique, 2003, p. 1488

[3] Très beau résumé trouvé par un de mes collègues archivistes !

Back to basics: et si on relisait Pérotin?

C’est en réfléchissant à la gestion des archives courantes et intermédiaires, avec comme toile de fond la polémique sur la traduction de records management, que nous avons décidé ce matin, 50 ans plus tard, de relire le célèbre article d’Yves Pérotin publié en octobre 1961: L’Administration et les “trois âges” des archives.  Ce texte n’est pas ignoré des archivistes aujourd’hui, bien au contraire, il a servi de base à la formalisation des pratiques d’archivage en France (et ailleurs). On y fait encore référence aujourd’hui que ce soit pour qualifier le cycle de vie des archives ou bien pour critiquer les trois âges. Archives Online a fait un billet l’année dernière où l’on s’interrogeait justement sur la pertinence de la théorie des trois âges dans l’archivage électronique.  On a beaucoup entendu parler de l’article de Pérotin! Nous aimerions pourtant revenir sur ce texte fondamental: est-on vraiment sûr de l’avoir bien lu et bien compris?

1. Que dit Yves Pérotin?

Il part d’un constat: il y a une opposition entre le temps de l’Administration et celui de l’Histoire (par Histoire il sous-entend les services d’archives) qui ne permet pas une gestion efficace des archives. Il décrit ainsi une “vision simpliste des choses” dans laquelle il y aurait d’un côté les “archives vivantes” et d’un autre côté les “archives archivées”. Mais cette vision occulterait l’existence d’un âge intermédiaire, “l’âge ingrat des archives, celui des “tas”, fâcheuse transition entre l’Administration et l’Histoire”. Pérotin explique ainsi l’existence de trois âges des archives.

Il poursuit en identifiant les différents problèmes de gestion – ou plutôt de non-gestion -  inhérents à chacun des trois âges.  Il parle ainsi d’archives mal constituées à l’âge courant, “créées au hasard [...], amputées des meilleures pièces”, vaguement entassées à l’âge intermédiaire et finalement impossibles à trier à l’âge définitif.

Il explique ensuite que les archives ont des utilités différentes à chaque âge, utilités qu’il exprime en utilisant des analogies d’abord avec la psychologie (les archives comme mémoire)  puis avec l’économie (les archives comme “capital administratif”). L’utilisation de la notion de “capital administratif” est très intéressante et permet de mettre en valeur la productivité générée par une politique d’archivage qui s’intéresserait réellement aux trois âges.

Il propose alors qu’il y ait une véritable gestion à chaque âge, il expose ainsi une théorie sur le cycle de vie des archives. Il identifie à chaque étape, de façon très méthodique, un certain nombre de critères à prendre en compte:

- une durée d’utilité
- un emplacement (où se trouvent les archives physiquement)
- un utilisateur
- un responsable (de la gestion et de la conservation)

2. A-t-on vraiment tiré toutes les conséquences de ce texte?

Nous avons l’impression que l’on a eu tendance à faire de ce texte un outil de logistique pour déterminer à quel moment s’opère le versement aux services d’archives.  On en a même fait un dogme, en cherchant à tout prix à définir et à délimiter les trois âges. Il est vrai que Pérotin lui-même essaye d’attribuer des durées à chaque âge, de façon un peu rigide et sans qu’il y ait un fondement réel . Il dit par exemple que la durée d’utilité des archives courantes varie d’un à quatre ans, sans tenir compte du fait que tout dépend de la typologie des documents produits. Mais en fait Pérotin va beaucoup plus loin dans son article, sa réflexion va au-delà de la simple définition de trois âges. Quelles conséquences tirer de ce texte aujourd’hui?

Pérotin expose en fait le besoin de records management:  il insiste sur la nécessité du conseil des archivistes aux administrateurs dès la production pour “obtenir que les bureaux fabriquent de bonnes archives” et il accentue l’importance de bien définir les responsabilités des acteurs. Le rôle de  contrôle de l’archiviste s’exerce aussi sur les éliminations nécessaires à chaque étape afin de constituer “des dossiers que n’encombrent pas les inutilités” (derrière cette idée, ne retrouve-t-on pas la nécessité de distinguer l’information qui a une valeur réelle -le record- de celle qui est dépourvue d’intérêt?).  Cela dit, la notion de contrôle, telle que Pérotin la mobilise, est source d’ambiguïté: s’agit-il d’un contrôle purement réglementaire (avec l’utilisation d’un visa d’élimination) , ou d’un contrôle plus proche du conseil? Dans cette ambiguïté vient se nicher une polémique sur les limites du rôle de l’archiviste…

Finalement, cet article décrit avant tout le besoin de gestion des archives courantes et intermédiaires. On en a fait une “théorie des trois âges” mais Pérotin a surtout posé les bases d’une théorie de la gestion des archives courantes et intermédiaires. Il identifie clairement les notions de cycle de vie, de durée de conservation, de lieux de conservation et de responsabilité des acteurs. Il opère notamment une distinction entre l’utilisateur et le responsable des archives à chaque étape.  La responsabilité est un concept clé dans cet article.

Nous reconnaissons ainsi dans ce texte, le discours que nous essayons de porter aujourd’hui dans l’administration dans le cadre de projets d’archivage électronique. Certes dans l’électronique la distinction entre les trois âges a tendance à devenir floue. Mais les notions de cycle de vie, de durée d’utilité, de localisation physique des archives et de responsabilités des acteurs sont tout à fait pertinentes. Si on reprend de façon dogmatique l’idée de trois âges bien définis, il est évident que cela n’a plus de sens dans l’univers électronique. Si on essaye d’utiliser la théorie des trois âges comme un simple outil de logistique, cela n’a aucun intérêt.

L’article de Pérotin définit les prémices du records management. Ce sont les archivistes qui en ont fait une “théorie des trois âges”.  Il y a donc d’une part ce que Pérotin a écrit et d’autre part ce qu’on en a fait. Relisons donc Pérotin avec un regard différent en nous affranchissant des dogmes.

Avons-nous besoin de réinventer des concepts en traduisant records management par “gestion des documents d’activité” alors que Pérotin l’a déjà fait en 1961 avec la gestion des archives courantes et intermédiaires?

Lourdes Fuentes Hashimoto et Pierre Marcotte

Qu’est-ce que l’archivage?

Après une petite pause nécessaire pour reprendre de l’énergie, Archives Online s’interroge: qu’est-ce que l’archivage?

Avez-vous remarqué la confusion toujours opérée entre “archivage” et “versement aux Archives”? Pour de nombreuses personnes archiver équivaut à ranger des papiers dans une boîte… et quand il s’agit d’archives électroniques, l’archivage revient à envoyer des données/documents numériques aux Archives. L’archivage devient ainsi un simple transfert.  Lorsqu’un archiviste essaye de mettre en place un programme d’archivage électronique il est vite confronté à l’idée que les autres se sont fait de l’archivage. Il devient alors très difficile d’intervenir en amont pour structurer les différents flux documentaires. Cette affirmation est vraie pour les archives tous supports confondus. Toute tentative pour faire comprendre que l’archivage est un processus dynamique peut s’avérer  un exercice périlleux. Comment légitimer l’action de l’archiviste? Comment défendre la nécessité d’articuler records management (c’est-à-dire la gestion de l’archivage) et archivage électronique dans des structures habituées à voir les Archives comme une direction/service qui intervient quand on n’a plus besoin des documents?

L’archivage n’est pas passif, ce n’est pas le moment où l’archiviste enregistre une entrée. L’archivage commence avec la production: archiver c’est avant tout comprendre le producteur, les processus de travail, le cycle de vie des documents, les règles de conservation (DUA, sort final). L’archivage est une démarche active, un processus.

La confusion “archivage”/”versement aux Archives” subit les conséquences de l’utilisation du mot “archivage” par des professions différentes. Je crois qu’il faut défendre l’archivage comme processus sans s’affranchir du mot. Il faut redonner au mot “archivage” sa véritable signification. C’est pourquoi je rejoins Marie-Anne Chabin dans sa critique de la traduction de “records management” par “gestion des documents d’activité”. Comme le fait remarquer quelqu’un dans les commentaires du blog de Marie-Anne, la disparition de la racine “archiv” me semble préjudiciable dans un contexte de plus en plus difficile pour les archivistes. Cette traduction est en contradiction avec la définition des archives du Code du patrimoine. Celui-ci définit les archives comme “tous les documents produits ou reçus par une personne physique ou morale dans l’exercice de ses activités”. C’est l’utilisation des verbes produire et recevoir au présent qui est importante!

Parler de “documents d’activité” revient à accentuer le divorce entre records management et archivage définitif. Nous avons besoin de légitimer le rôle de l’archiviste dans des projets d’archivage électronique en particulier. Ce n’est pas en supprimant le mot “archives” qu’on va y arriver! Je milite donc pour la (re)définition de l’archivage par les archivistes.

LFH

Retrouvez les Archives Nationales sur Facebook

Tous les archivistes actifs dans les médias sociaux attendaient l’arrivée des Archives Nationales. Eh bien, il est désormais possible de suivre leur actualité sur Facebook! Nous allons étudier de près l’évolution de cette page et de son contenu. Quelle ligne éditoriale a été choisie? Les AN vont-elles réussir à rassembler une communauté autour de cette page comme les Archives départementales de la Manche?!

Pour le savoir, n’hésitez pas à visiter la page des Archives nationales

LFH

Happy blogiversaire

C’était exactement il y a un an, jour pour jour,  que nous avons ouvert cet espace de réflexion… Archives Online a un an et nous ne sommes pas déçues. Notre premier objectif a été atteint, il s’agissait de construire notre propre réflexion sur l’archivage électronique. Nous espérons que cette réflexion va encore évoluer grâce à nos échanges avec vous!

One par drcornelius, source: Flickr


Quelques statistiques pour cette année de blogging

Le blog reçoit en moyenne 3000 visites par mois (avec un pic de 5000 visites en décembre 2010). Nous voulons remercier nos lecteurs et toutes les personnes que nous avons rencontrées au cours de cette année grâce aux médias sociaux et en particulier grâce à notre blog. Nous avons eu l’occasion de discuter avec d’autres archivistes via Internet mais aussi ailleurs que dans le monde virtuel (dans des conférences, groupes de travail, formations, etc…). On a eu des échanges très intéressants et puis on a bu aussi quelques bières lors des trois archivapéros que nous avons organisés :D

- Le top trois des billets les plus consultés:

1. L’archivage électronique à l’épreuve de la théorie des trois âges

2. Sous le sapin de l’archiviste: idées cadeaux pour Noël

3. [Note de lecture] les archives et les médias sociaux

- Le top trois des expressions les plus étranges que les internautes ont utilisées pour arriver sur notre blog:

1. La palme d’or revient à celui/celle  qui a cherché: “tout sur l’archiviste”.  Nous avons beaucoup rigolé, cela nous a fait penser à une certaine chanson de Pierre Perret, vous saurez donc tout sur l’archiviste …

2. Quelqu’un est arrivé sur Archives Online en ayant tapé: “qu’est-ce qu’un trombone rouillé?”. Il y en a qui se posent de drôles de questions…

3. Le troisième prix revient à la personne qui cherchait “archives de la peau”… Euh … comment dire, heureusement que nous n’avons pas à archiver les êtres humains.

Eh oui chers lecteurs, WordPress garde l’historique des expressions tapées dans les moteurs de recherche …

Nous espérons tenir encore un an, il faut avouer que nous avons de plus en plus de travail mais on fait de notre mieux!

LFH et ML

De nouveaux modes d’accès aux archives: repenser la relation avec les usagers

Le mois de juillet a bien commencé avec le lancement de deux projets très intéressants aux Archives départementales de la Vendée et aux Archives départementales de l’Aube: il s’agit d’outils conçus pour  offrir de nouveaux modes d’accès aux archives (les documents et l’institution) et repenser la relation avec les usagers. Ces outils ont été construits dans une logique de décloisonnement des archives (les documents et l’institution) à une époque où le site Internet classique (avec une recherche simple et avancée et l’accès aux archives numérisées) est devenu insuffisant. Les usagers ont de nouvelles attentes et il semble donc nécessaire d’explorer de nouvelles formes d’accès qui complètent notre approche plus “traditionnelle”.

Le l@boratoire des internautes est un nouvel espace collaboratif qui vise à favoriser les interactions archives/public et à mettre en relation les usagers. Il a été conçu avec des médias sociaux gratuits. Le site est particulièrement bien conçu d’un point de vue érgonomique et graphique. Ainsi, la navigation est simple, il y a des nombreux liens entre le site Institutionnel et le laboratoire. Cet espace est parfaitement en accord avec la charte graphique du site des AD au point que j’ai mis un certain temps à comprendre que le laboratoire était fait avec blogspot.  Je trouve que le laboratoire est un prolongement du site Internet et il est en parfaite adéquation avec celui-ci. En ce qui concerne les services/usages proposés, il y a à la fois des énigmes (Identifier un amiral) et des transcriptions avec le “Coin du paléographe” (qui par ailleurs n’est pas la première initiative de ce type, on connaît tous le blog du paléographe des AD de Meurthe-et-Moselle), un espace d’”entraide” pour favoriser les échanges d’usager à usager… Il y a déjà eu quelques échanges autour du sujet suivant: faire l’histoire d’un moulin.  J’aime particulièrement le choix du titre et l’idée de laboratoire qui met bien en évidence les nouveaux usages d’Internet et par là même des archives: on explore de nouvelles voies, on essaye de créer de nouveaux usages et on laisse le usagers prendre la main, on verra bien ce qui ressort de ces expériences!

En parallèle, les AD de l’Aube viennent de lancer leur projet WikiArchives/Myarchives qui était en gestation depuis quelques mois. Soutenue par le Ministère de la culture et de la communication dans le cadre de l’appel à projets « services numériques culturels innovants » en 2010, cette belle initiative cherche à explorer de nouvelles possibilités pour accéder aux archives en favorisant d’une part de nouvelles formes de navigation et d’autre part, le partage des ressources. Les AD de l’Aube proposent également l’annotation des contenus.

Il faut continuer à explorer de nouvelles pistes pour repenser l’accès aux archives sans oublier l’évolution des usages! C’est une question qui m’intéresse beaucoup, on avait déjà traité ce sujet ici.

LFH

9 juin 2011 : Journée internationale des Archives, Ask archivists’ day, twittapéro et tutti quanti

Ask archivists day. 9 juin 2011

Site internet Ask archivists’ day.

Enfin ! Voici la première manifestation internationale alliant médias sociaux et archivistique. De quoi réjouir tous les twittarchivistes et archivoblogueurs de la toile ! Aujourd’hui, les archivistes vont être au service des internautes et répondre à toutes leurs questions via le réseau de microblogging, Twitter[1]. Une très belle initiative pour mieux faire connaître la profession ! Non, les archivistes ne sont pas des personnes aigries par la vie au fond de leurs magasins d’archives et qui n’ont pas vu la lumière depuis 70 ans. Nous laisserons cela aux autres médias comme la télévision qui véhicule encore ce genre d’images abracadabrantesques !

Pour tenter de convaincre les réfractaires à ce type d’initiatives,  il suffit de vous parler d’un autre événement dans le milieu des twittarchivistes francophones qui a lieu pour la troisième fois ce soir au cœur de Paris[2] : le twittapéro [3].

Twitt…quoi ?

A force d’échanger des liens, faire de la veille avec des gens des quatre coins de France, d’Europe et même du Canada (cf. twitter : @Archiveilleurs), il fallait bien finir par se rencontrer ailleurs que dans le monde virtuel. Certes, la première fois, nous nous présentons aux yeux de tous par notre identité virtuelle « Bonjour, je suis @Archivchronicle/@e_archiviste », mais ensuite, comme dans toute société civilisée, nous utilisons notre nom d’état civil (eh oui, les archives nous rattrapent toujours !). Il s’agit de parler d’archives, mais pas uniquement, d’échanger sur des problématiques liées au milieu de la culture ou de discuter de tout et de rien. Le réseau virtuel via les médias sociaux est une réelle plateforme d’échanges et de travail, mais se voir en vrai de temps en temps, c’est aussi sympathique !

Nous fêtons ce soir notre 3e twittapéro et, à cette occasion, nous accueillons dans nos rangs des twittlibrarians comme les anglo-saxons pourraient les appeler. Les archivistes ne sont pas sectaires ! C’est un moyen comme un autre de rencontrer des gens venus d’horizons différents mais qui sont confrontés aux mêmes problématiques que nous. Donc bienvenue à nos collègues bibliothécaires (nous acceptons même ces spécimens hybrides appelées « bibliothéco-archivistes ») !

En espérant vous rencontrer, chers lecteurs, un jour lors d’un de ces « twittapéros »…

Très bon « Ask archivists’ day ! », célébrez aussi la journée internationale des archives et à vos tweets[4] !

LFH et ML

[1] Quelques services d’archives français participent à cette initiative sur twitter : @archivesfrance, @ArchivesRhone. Merci à eux !

[2] Eh oui, la plupart des twittarchivistes travaillent sur Paris.

[3] L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération :)

[4] Tweet est maintenant dans le Petit Robert!